SPECIAL CHINE

Un premier job en Chine : « 1000 euros est un très bon salaire »

Christina Gierse -  05/10/2007  - L'Expansion.com 
 

Aurore Cotteverte, étudiante à l’ESSCA d’Angers, rentre d’un séjour de dix mois à Shanghai, dont six passés dans une entreprise chinoise : « Débuter sa carrière en Chine est plus simple qu'en France parce qu’il y a beaucoup d’opportunités, mais il ne faut pas croire en l'Eldorado à portée de main... Tout repose sur « guanxi » (litt. « système fermé »), autrement dit le réseau ». Ceux qui espèrent échapper la cooptation qui règne dans les grandes entreprises françaises font fausse route ! « J’ai trouvé mon stage par l’intermédiaire de mes relations et grâce à de nombreuses démarches d’envoi de CV... Tout a joué » précise Aurore, « L’important est de faire savoir que l’on cherche ». Dans le milieu encore relativement petit des expatriés nationaux et autres intermédiaires en relation avec le marché français, l’information circule vite.

Salaires : le résultat plutôt que le CV

Pour ce qui est de la fiche de paie, la déception guette celui qui espère toucher d’office le jackpot. Un salaire attractif se mérite et débuter à 1000 euros par mois reste même une exception ! « A Shanghaï comme à Pékin, un jeune diplômé titulaire d’un bachelor (bac + 3) débute à 200/300 euros par mois, 400 euros pour un master. Après deux ans d’expérience, il est fréquent de doubler ses revenus » explique Shu Bourgeon, responsable du développement vers l’Asie à l’ESC Rennes. En moyenne, comptez 800 à 1500 euros par mois pour un cadre, entre 2000 et 10.000 euros pour le responsable d’un bureau étranger. « Les étrangers sont souvent mieux payés que les Chinois, mais il faut ses preuves avant de demander une augmentation » ajoute Aurore, « Mon stage dans la vente était indemnisé à hauteur de 200 euros (soit 2000 yuans) par mois + 1% de mon chiffre d'affaire sur les deux magasins. Au final, cela me permettait de doubler mon revenu facilement ». Des salaires pouvant paraître bas mais proportionnels à un coût de la vie inférieur au nôtre. A condition toutefois d’accepter de vivre « à la chinoise », c'est-à-dire en évitant les restaurants pour étrangers et les week-ends à répétition.

Tapis rouge pour les ingénieurs… et les paysagistes

Avoir un peu de bouteille, et surtout une compétence que les Chinois ne détiennent pas encore, restent les meilleures cartes de visite pour décrocher son premier job. «Les Chinois cherchent des gens opérationnels ayant au moins entre 6 mois et un an d’expérience, généralement acquise lors de stages sur place » précise Shu Bourgeon, «Les ingénieurs ayant un savoir-faire bien précis ainsi que les commerciaux chargés de développer la clientèle internationale font partie des profils très demandés actuellement, ainsi que les managers avec des qualifications occidentales, les agents immobiliers destinés à travailler avec la clientèle étrangère ou encore les architectes paysagistes ».